Psychologie

La blessure d’injustice, une douleur générée par du défavoristisme au travail

2023-10-26T14:16:02+02:00Psychologie|

La blessure d’injustice illustre les douleurs engendrées par le harcèlement au travail. Cette douleur, souvent silencieuse mais profondément perturbatrice, crée des cicatrices durables dans l’esprit et l’âme des individus, influençant non seulement leur bien-être, mais aussi leur productivité et leurs relations professionnelles.

Cet article vise à mettre en évidence les multiples facettes de la blessure d’injustice, en fournissant une compréhension claire et profonde de ses manifestations et de ses impacts. Plus qu’une simple présentation, notre objectif est de partager des informations cruciales et des conseils pratiques qui peuvent être des piliers de soutien pour ceux qui cherchent à surmonter et guérir de ces éprouvantes expériences.

Qu’est-ce qu’une blessure d’injustice ?

La blessure d’injustice est une douleur profonde et troublante, souvent engendrée par des expériences de harcèlement ou d’inéquité au travail. C’est une lésion émotionnelle qui naît lorsque les individus se sentent maltraités, dévalorisés ou traités de manière inéquitable dans leur environnement professionnel. Ce sentiment peut découler de diverses situations, telles que la discrimination, le favoritisme, une répartition inégale des tâches ou une reconnaissance insuffisante des efforts et des accomplissements.

Dans le contexte du travail, la blessure d’injustice se manifeste de plusieurs manières. Elle peut apparaître sous forme :

  • de stress chronique,
  • de frustration,
  • de colère ou de ressentiment persistant

envers les collègues ou les supérieurs hiérarchiques. Les employés affectés peuvent également ressentir un fort sentiment d’insécurité, de trahison et de vulnérabilité, ce qui, à son tour, peut influencer négativement leur performance, leur motivation et leur engagement envers leur travail et leur organisation.

La blessure d’injustice ne se limite pas aux effets internes et émotionnels; elle a également une incidence visible sur l’interaction et la collaboration au sein de l’équipe. Les personnes qui ressentent une blessure d’injustice peuvent devenir plus réservées, moins enclines à participer activement aux discussions ou aux projets de groupe, et peuvent même développer une attitude défensive ou hostile. En comprenant mieux la nature de la blessure d’injustice et ses manifestations, il est possible de développer des approches plus empathiques et efficaces pour soutenir les individus affectés et promouvoir un environnement de travail plus juste et respectueux.

Origine de la théorie de la blessure d’injustice

L’un des cadres pertinents est la théorie de l’équité, développée par John Stacey Adams en 1963, qui se concentre sur la justice et l’équité au sein des relations professionnelles et organisationnelles. Selon cette théorie, les individus évaluent l’équité de leurs relations de travail en comparant leur ratio inputs/outputs (efforts/récompenses) avec celui des autres. Lorsque les individus perçoivent une inéquité, cela conduit à un sentiment d’injustice et de stress.

D’autre part, la théorie de la justice organisationnelle, qui englobe la justice distributive, procédurale et interactionnelle, offre également un cadre pour comprendre la blessure d’injustice. Cette théorie, développée dans les années 1970 et 1980 par des chercheurs tels que Greenberg et Folger (source https://archipel.uqam.ca/15448/1/Justice_organisationnelle_et_bien-etre_psychologique.pdf), se penche sur la manière dont les employés perçoivent l’équité et la justice au sein de leurs organisations, impactant ainsi leur satisfaction, leur motivation et leur performance au travail.

La blessure d’injustice peut aussi être éclairée par la psychologie clinique et la psychotraumatologie, se concentrant sur l’impact des événements traumatisants, y compris l’injustice et le harcèlement au travail, sur la santé mentale des individus.

Dans l’ensemble, la notion de blessure d’injustice s’enracine dans une confluence de diverses théories et recherches qui explorent les dimensions de l’équité, de la justice, du traumatisme et du bien-être psychologique au sein des environnements de travail.

Comment commence-t-on à ressentir les blessures d’injustice ?

Les blessures d’injustice commencent souvent par la perception d’un traitement inéquitable ou d’une violation des normes de respect et d’équité au sein d’un environnement de travail. Voici comment ce processus peut se dérouler :

1. Incidents Initiaux :

Des incidents spécifiques tels que des commentaires dévalorisants, des décisions inéquitables concernant les promotions ou les rémunérations, ou d’autres formes de traitement inéquitable peuvent semer les premières graines de la blessure d’injustice.

2. Réaction Émotionnelle :

Les individus commencent à ressentir des émotions telles que de la frustration, de la colère, du ressentiment ou de la tristesse face à ces incidents. C’est la réaction émotionnelle immédiate à l’injustice perçue.

3. Réflexion et Évaluation :

Les personnes affectées peuvent passer du temps à réfléchir et à évaluer la situation, essayant de comprendre si l’injustice ressentie est un incident isolé ou une partie d’un schéma plus large de mauvais traitement.

4. Impact Prolongé :

Si l’injustice persiste ou si plusieurs incidents s’accumulent, la blessure commence à s’ancrer plus profondément, affectant potentiellement l’estime de soi, la motivation et la satisfaction professionnelle de l’individu.

5. Expression et Partage :

Les personnes peuvent commencer à exprimer leurs sentiments et à partager leurs expériences avec d’autres, cherchant du soutien, de la validation et des moyens de gérer l’injustice.

6. Stratégie d’Adaptation :

Les individus peuvent adopter différentes stratégies pour faire face à l’injustice, telles que la confrontation, la recherche de soutien, l’adaptation passive ou même envisager de quitter leur position.

7. Consolidation de la Blessure :

Avec le temps, si aucune résolution n’est trouvée et que l’injustice continue, la blessure d’injustice peut devenir une caractéristique marquante de l’expérience professionnelle de l’individu, avec un impact continu sur leur bien-être psychologique et physique.

Le développement de la blessure d’injustice est un processus dynamique et peut varier en fonction de la nature de l’injustice, de la personnalité de l’individu, des soutiens disponibles et des mécanismes de gestion et de résolution des conflits au sein de l’organisation.

Les impacts de la blessure d’injustice

blessure d injustice La blessure d’injustice au travail engendre une multitude d’impacts, marquant profondément la santé mentale et physique des individus, ainsi que leurs relations professionnelles et leur productivité. Sur le plan psychologique, les personnes touchées par cette blessure sont souvent enveloppées dans un tourbillon de stress, d’anxiété et de dépression. Elles peuvent se retrouver prisonnières de pensées obsessives concernant l’injustice qu’elles ont subie, ce qui peut affecter leur concentration, leur sommeil et leur bien-être général.

Physiquement, le stress engendré par la blessure d’injustice peut se manifester de différentes manières, telles que des maux de tête, une fatigue chronique ou des troubles digestifs. Le corps, en réaction au tumulte émotionnel et mental, peut commencer à montrer des signes de détresse et de malaise.

En ce qui concerne la productivité, la blessure d’injustice peut saper l’enthousiasme et la motivation, rendant difficile pour les individus de se concentrer et d’accomplir leurs tâches avec efficacité. Ils peuvent se retrouver constamment distraits par leurs expériences douloureuses, ce qui entrave leur capacité à être pleinement présents et engagés dans leur travail.

Les relations professionnelles sont également grandement affectées. La confiance est érodée, et les interactions avec les collègues ou les supérieurs peuvent devenir teintées de méfiance et de ressentiment. Cela peut également contribuer à une atmosphère de travail tendue et conflictuelle, où la communication et la collaboration sont entravées.

Pour illustrer ces impacts, prenons ces exemples :

  • Dans un conflit, la hiérarchie prend systématiquement parti pour une des parties
  • Des textes légaux ne sont pas appliqués sans conséquences quand il s’agit de certaines personnes
  • Des reproches infondés et des mensonges sont systématiquement opposés aux demandes d’une personne victime
  • La hiérarchie organise une vendetta contre une personne
  • Etc.

En reconnaissant et en comprenant les divers impacts de la blessure d’injustice, il est possible d’adopter une approche plus empathique et de prendre des mesures pour atténuer ces effets dévastateurs et promouvoir un environnement de travail plus sain et respectueux.

Stratégies pour faire face à l’injustice

Faire face à l’injustice au travail est une épreuve complexe qui demande du courage, de la résilience et des stratégies solides pour naviguer à travers les turbulences émotionnelles et professionnelles. Diverses techniques et approches peuvent être utilisées pour gérer et minimiser le stress et la douleur associés à l’injustice ressentie.

Dans un premier temps, il est essentiel d’adopter des stratégies d’adaptation émotionnelle pour gérer les émotions négatives. Des techniques de relaxation telles que la respiration profonde, la méditation et la pratique régulière d’exercices physiques peuvent être utiles pour maintenir l’équilibre mental. Ces pratiques aident à créer un espace mental apaisant, facilitant la gestion des pensées et des émotions tumultueuses.

Ensuite, la communication est un outil puissant. Exprimer ses sentiments et ses préoccupations à des personnes de confiance, que ce soit des amis, des membres de la famille ou des collègues empathiques, peut apporter un soutien significatif. Il peut également être bénéfique de consulter un professionnel, comme un psychologue ou un conseiller, qui peut offrir des conseils experts et un espace sécurisé pour explorer vos sentiments.

Maintenir son intégrité et sa dignité professionnelles est également primordial. Cela peut impliquer de définir des limites claires, de se défendre de manière assertive et respectueuse et de ne pas permettre que les actions injustes des autres dictent votre sens de la valeur. Il peut être nécessaire de prendre des mesures formelles, comme rapporter l’injustice aux ressources humaines ou consulter un avocat spécialisé en droit du travail, si l’injustice persiste ou est particulièrement grave.

A travers ces stratégies, on peut chercher à reconstruire et à réaffirmer sa propre valeur et dignité, tout en se munissant d’outils pour naviguer à travers les défis posés par l’injustice au travail.

Quel masque porte la personne souffrant de la blessure d’injustice ?

La personne qui souffre d’une blessure d’injustice au travail porte souvent un masque invisible, une façade qui cache sa détresse et ses luttes internes. Ce masque est une forme de protection, une manière de naviguer dans l’environnement professionnel tout en essayant de maintenir une apparence de normalité et de compétence. Voici à quoi pourrait ressembler ce masque :

Masque de Complaisance :

Souvent, la victime peut afficher une attitude de complaisance, essayant de minimiser le conflit apparent et de maintenir une atmosphère de travail paisible. Derrière ce masque, il y a une tentative de préserver la dignité et d’éviter une escalade des tensions.

Masque de Fortitude :

Le masque de la force et de la résilience est fréquemment porté. Il sert à montrer au monde extérieur et, peut-être, à se convaincre soi-même, qu’on est capable de gérer la pression, la douleur et l’injustice sans s’effondrer.

Masque de Neutralité :

La personne peut essayer de maintenir une expression neutre, cachant ses émotions réelles pour éviter de montrer de la vulnérabilité ou de donner l’impression d’être affectée par la situation injuste.

Masque de Retrait :

Dans certains cas, le masque porté est celui du retrait ou de la distance. La personne peut limiter ses interactions et sa participation pour se protéger et minimiser les occasions de traitement injuste.

Masque d’Optimisme :

La victime peut aussi adopter un masque d’optimisme, essayant de se concentrer sur les aspects positifs et de montrer une façade d’espoir et de positivité, même si intérieurement elle se sent abattue et désespérée.

Le port de ces masques est une tentative de survivre et de fonctionner dans un environnement toxique et injuste. Cependant, le masque cache souvent la souffrance réelle, les émotions tumultueuses et la blessure profonde causées par l’injustice ressentie. Il est crucial de reconnaître et d’adresser ces souffrances cachées pour permettre un chemin vers la guérison et le rétablissement.

Conclusion

La blessure d’injustice au travail est un phénomène profondément troublant qui manifeste une variété d’impacts délétères sur la santé mentale et physique, ainsi que sur les relations professionnelles et la productivité. Ce phénomène, enraciné dans des perceptions d’inéquité et d’injustice, laisse les individus se sentant dévalorisés et démoralisés.

Nous avons exploré la nature de la blessure d’injustice, comment elle se manifeste et les répercussions multiformes qu’elle engendre. Des stratégies de gestion et d’adaptation ont également été mises en lumière, offrant des voies pour naviguer à travers le tumulte émotionnel et professionnel causé par ces expériences, et pour maintenir et réaffirmer son intégrité et sa dignité.

Emportez avec vous un message d’espoir : malgré l’obscurité de l’injustice, ayez la résilience et la force nécessaires pour traverser ces épreuves et émerger avec une perspicacité et une robustesse renouvelées.

Les symptômes d’un Burn-Out et les mesures de prévention

2023-03-12T15:25:37+01:00Psychologie|

Nous vivons à l’ère du burn-out, où la santé mentale et physique des travailleurs est de plus en plus mise à rude épreuve par le rythme effréné de la vie professionnelle moderne. Mais qu’est-ce que le burn-out exactement ? Et comment pouvons-nous apprendre à mieux le gérer pour prévenir son apparition ? Dans cet article, nous explorerons les causes du burn-out et examinerons certains des facteurs de risque importants, ainsi que diverses stratégies efficaces pour le prévenir.

Définition du burn-out

Le burn-out, ou le syndrome d’épuisement professionnel, est un état d’épuisement psychique et physique particulièrement commun chez les travailleurs des organisations modernes. Il se caractérise par une perte de motivation et de sens au travail causée par un investissement excessif de l’individu dans son environnement de travail.

Qu’est-ce que le burn-out ?

Le syndrome d’épuisement professionnel (SEP) ou burn-out est une condition courante chez les individus qui sont engagés dans un travail intense, chroniquement stressant et soumis à de nombreuses exigences physiques et mentales. Les personnes atteintes de la maladie ont tendance à perdre progressivement la motivation et le sens qu’elles éprouvent pour leur emploi et ressentent souvent une fatigue excessive, ainsi qu’une irritabilité ou une dépression profonde.

Quels sont les symptômes du burn-out ?

symptômes du burn-out Le burn-out est souvent la conséquence d’une atteinte au bien-être des travailleurs et ses principaux symptômes du burn-out comprennent :

  • Épuisement émotionnel: Le sentiment constant d’être épuisé, perturbé et incapable de réagir aux situations professionnelles stressantes. La victime ressent une fatigue intense et persistante. Souvent, on est aussi en présence d’une perte de motivation ou d’intérêt pour le travail ou d’autres activités
  • Ressentiment vis-à-vis du travail: Les personnes touchées par le burn-out peuvent commencer à réagir négativement aux demandes liées à leur emploi, ce qui peut entraîner une baisse significative de la motivation et des performances. On constate aussi une perte de motivation ou d’intérêt pour le travail ou d’autres activités
  • Luttes persistantes: Les personnes atteintes de ce syndrome ont beaucoup plus de difficultés que les autres à surmonter les obstacles qui se dressent devant elles.
  • Sentiment d’inutilité: Les personnes atteintes du burn-out peuvent avoir l’impression que rien ne change même si elles font des efforts considérables pour améliorer la situation.
  • Difficultés relationnelles: Les personnes souffrant du burn-out peuvent perdre facilement patience avec les autres et adopter des comportements antisocial. Une irritabilité, une humeur dépressive ou des sautes d’humeur font partie des symptômes de la maladie.
  • Des troubles du sommeil, des maux de tête, des douleurs musculaires ou articulaires
  • Des comportements compulsifs, comme l’abus d’alcool ou de drogues

Ces symptômes peuvent apparaître progressivement et devenir de plus en plus sévères au fil du temps, jusqu’à ce que la personne atteigne un point de rupture émotionnelle et physique. Il est important de noter que le burn-out est une affection médicale reconnue, et que la consultation d’un professionnel de la santé est recommandée si l’on suspecte que l’on en souffre.

Quels sont les facteurs de risque du burn-out ?

burn-out Les facteurs de risque du burn-out incluent :

  • Stress: Une trop grande quantité ou une durée prolongée de stress peut augmenter le risque de développer un état d’épuisement professionnel.
  • Charge de travail: Une charge de travail excessive peut conduire à l’épuisement car le corps et l’esprit n’ont pas le temps de se régénérer.
  • Troubles psychologiques: Les personnes souffrant de troubles mentaux tels que la dépression ou l’anxiété sont plus susceptibles d’être touchées par le burn-out en raison du stress supplémentaire.
  • Situation sociale: Les personnes qui évoluent dans des milieux sociaux négatifs ou dysfonctionnels sont plus exposés au risque de burn-out, car elles manquent souvent de soutien et d’encouragement pour faire face aux exigences professionnelles.
  • Chronicité des problèmes émotionnels: Le sentiment constant d’insatisfaction, de désespoir et de frustration causés par des difficultés persistantes peut contribuer à un état d’épuisement professionnel.

Diagnostic et traitement du burn-out

Le burn-out est une maladie complexe qui nécessite un diagnostic approprié et une prise en charge spécifique pour permettre aux patients de retrouver leur motivation perdue. Cependant, il est important de noter que chaque cas ne requiert pas forcément un traitement médicamenteux car les interventions non médicamenteuses offrent souvent les meilleurs résultats.

Comment le burn-out est-il diagnostiqué ?

Le processus de diagnostic du burn-out commence généralement par une consultation avec un médecin ou un psychiatre, qui posera des questions sur l’historique personnel, la situation sociale et le mode de vie du patient. Une fois que le médecin aura recueilli suffisamment d’informations, il pourra effectuer un examen physique et passer en revue divers tests psychologiques standardisés afin d’identifier les symptômes associés au syndrome d’épuisement professionnel.

Que faire quand on souffre de burn-out ?

Si vous souffrez de burn-out, il est important de prendre des mesures pour prendre soin de vous et récupérer. Voici quelques étapes que vous pouvez prendre pour traiter le burn-out :

  • Reconnaître et accepter votre état de santé. Le burn-out est une maladie qui peut affecter n’importe qui, donc il n’y a pas de honte à admettre que vous avez besoin d’aide.
  • Prendre du repos et faire une pause de votre travail ou de toute autre activité stressante qui contribue à votre état de stress.
  • Consulter un professionnel de la santé mentale, comme un psychologue ou un psychiatre, pour obtenir un soutien et des conseils professionnels. Vous pouvez également parler à votre médecin de famille.
  • Établir des limites claires pour vous-même, en apprenant à dire non aux demandes excessives et en trouvant un équilibre entre le travail et les loisirs.
  • Pratiquer des activités relaxantes et des techniques de gestion du stress, comme la méditation, le yoga, la respiration profonde, la relaxation musculaire progressive, etc.
  • Engager des changements durables dans votre vie et votre environnement professionnel pour prévenir la récurrence du burn-out, tels que la mise en place de limites de travail raisonnables, l’amélioration de la communication avec les collègues et les supérieurs, etc.

Il est important de prendre des mesures pour réduire le stress et les facteurs de risque de burn-out au travail, tels que la surcharge de travail, les délais serrés, le manque de soutien et de reconnaissance, etc. Cela inclut la mise en place de limites de travail raisonnables, la recherche de soutien et de conseils professionnels, la participation à des programmes de gestion du stress et l’amélioration de la communication avec les collègues et les supérieurs.

Quelle est la durée moyenne d’un arrêt de travail pour burn-out ?

La durée de l’arrêt de travail pour burn-out peut varier de quelques semaines à plusieurs mois.

Selon une étude de l’Assurance Maladie en France, la durée moyenne d’un arrêt de travail pour épuisement professionnel était de 134 jours en 2018. Cela représente plus de quatre mois d’absence au travail.

Prévention du burn-out

Prévention du burn-out La prévention demeure le meilleur remède contre le syndrome d’épuisement professionnel. Bien qu’il soit souvent difficile d’empêcher complètement le burn-out, diverses mesures peuvent être prises pour minimiser les risques.

Quels sont les moyens de prévenir le burn-out ?

Il existe plusieurs façons d’aider une personne à prévenir ou à minimiser son risque de burn-out :

  • Changement des attentes vis-à-vis du travail: Il est important de reconnaître qu’une personne ne peut pas accomplir un travail infini sans se ressentir. Il est donc essentiel que les employés adaptent leurs attentes face au travail afin de limiter l’impact nocifs sur la santé mentale.
  • Gestion du stress: La pratique de techniques de gestion du stress telles que la respiration profonde, le yoga, la méditation et l’activité physique peut aider à maintenir un niveau acceptable de stress.
  • Réaménagement des horaires: Une meilleure planification et la réduction des heures supplémentaires pourraient aider les personnes à éviter l’accumulation de fatigue causée par le surmenage.
  • Repos adéquat: Il est important de prendre suffisamment de repos pour permettre au corps et à l’esprit de se régénérer, sinon ils risquent d’être affaiblis et plus exposés au burn-out.
  • Exercice régulier: L’exercice peut aider à améliorer l’humeur et contribuer à maintenir une bonne santé physique et mentale qui résisteront mieux aux exigences quotidiennes.

Comment les organisations peuvent-elles prévenir le burn-out ?

Les organisations ont également un rôle primordial dans la prévention du burn-out. Elles doivent mettre en place des politiques visant à réduire ou à supprimer complètement les facteurs de risque susceptibles d’entraîner ce syndrome :

  • Mise en place d’une culture saine: Les organisations doivent encourager une atmosphère positive et inclusives qui favorise la collaboration entre les membres et mette l’accent sur des objectifs communs plutôt que sur des performances individuelles.
  • Aménagement des horaires: Les employeurs devraient limiter les heures supplémentaires excessives pour assurer un équilibre entre le travail et la vie personnelle des employés.

Conclusion

Il est important de noter que la guérison du burn-out prend du temps et nécessite un traitement professionnel à long terme. Si vous pensez souffrir de burn-out, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé mentale pour obtenir un soutien et des conseils personnalisés.

Notez qu’il existe deux autres risques psychosociaux dont on parle moins, le bore-out et le brown-out qui peuvent aussi nuire à la santé des travailleurs.

Le suicide sur le lieu de travail ou karojisatsu

2023-10-26T14:23:51+02:00Psychologie|

Le suicide sur le lieu de travail est un phénomène préoccupant. Le constat est interpellant : les suicides au travail ont augmenté dans de nombreux pays ces dernières années, ce qui témoigne de l’importance de prendre des mesures pour prévenir les risques psychosociaux au travail.

Le suicide sur le lieu de travail

Les suicides au travail peuvent être associés à plusieurs facteurs de risque, notamment :

  • Le stress lié au travail : Les travailleurs peuvent être soumis à des niveaux de stress élevés en raison d’une surcharge de travail, de pressions pour atteindre des objectifs, de conflits avec des collègues ou des supérieurs, de l’insécurité de l’emploi, de conditions de travail difficiles, etc.
  • Les troubles mentaux : Les travailleurs souffrant de troubles mentaux, tels que la dépression, l’anxiété, le trouble bipolaire ou le trouble de stress post-traumatique, peuvent être plus susceptibles de se suicider sur leur lieu de travail. Il faut souligner que les troubles mentaux peuvent découler d’une absence de gestion et de prévention des risques psychosociaux par l’employeur.
  • Les facteurs personnels : Les facteurs personnels, tels que les antécédents de traumatismes, les problèmes de santé mentale ou les difficultés financières, peuvent également augmenter le risque de suicide sur le lieu de travail.
  • Les facteurs organisationnels : Les facteurs organisationnels, tels que le harcèlement, la discrimination, les restructurations, les licenciements ou la culture d’entreprise, peuvent également avoir un impact sur le bien-être mental des travailleurs et augmenter le risque de suicides sur le lieu de travail.

Qu’est-ce que le karojisatsu ?

karojisatsu Le terme « karojisatsu » est un mot japonais qui signifie littéralement « suicide du travail« . Il fait référence à un phénomène où les travailleurs japonais se suicident en raison du stress et de la pression associés à leur travail.

Le karojisatsu est souvent associé à une culture du travail intense au Japon, où les travailleurs sont souvent appelés à travailler de longues heures et à faire preuve d’un dévouement extrême envers leur entreprise. Les pressions associées à ce mode de travail peuvent inclure des heures de travail excessives, des délais serrés, des responsabilités accrues, des conflits de travail, des harcèlements, des discriminations et des attentes irréalistes de la part des employeurs.

Le phénomène du karojisatsu est devenu une préoccupation majeure pour le gouvernement et les organisations de travail au Japon. Des enquêtes ont montré que le taux de suicide chez les travailleurs japonais est significativement plus élevé que dans d’autres pays développés, et que le stress lié au travail est un facteur important de ces suicides.

Les autorités japonaises ont pris des mesures pour tenter de remédier à cette situation, notamment en encourageant une culture du travail plus équilibrée et en introduisant des réglementations pour limiter les heures de travail et encourager les employeurs à prendre en compte la santé mentale de leurs employés. Les suicides au travail et le phénomène du karojisatsu reste un problème majeur pour la société japonaise. Cela montre l’importance de prendre en compte les risques psychosociaux associés au travail.

Le karojisatsu existe-t-il en Belgique ou en France ?

Le phénomène du karojisatsu est souvent associé à la culture de travail japonaise. Pourtant des situations similaires se produisent dans d’autres pays, y compris en Belgique et en France.

Selon une étude menée par l’Université de Gand en 2019, en Belgique environ 7 % des travailleurs belges ont déjà pensé à se suicider à cause de leur travail et 1 % ont déjà fait une tentative de suicide.

En France, on doit penser au karojisatsu lorsque des travailleurs sont soumis à des pressions extrêmes au travail et peuvent en arriver à se suicider. Le stress lié au travail est également un problème important en France, où les taux de dépression et d’anxiété liés au travail sont relativement élevés.

Ces phénomènes mettent en évidence les risques psychosociaux liés au travail dans les pays occidentaux, et l’importance de la prévention et de la gestion de ces risques pour protéger la santé mentale et le bien-être des travailleurs. Les entreprises et les gouvernements doivent prendre des mesures pour réduire le stress et les pressions liés au travail, et encourager une culture de travail saine et équilibrée.

Le suicide au travail, le cas France Telecom

Entre 2008 et 2009, 35 salariés de France Télécom se sont suicidés, dont certains sur leur lieu de travail. Ces suicides ont été associés à des conditions de travail difficiles, notamment des restructurations, des transferts forcés et des licenciements, ainsi qu’à une culture d’entreprise où les travailleurs étaient soumis à des niveaux de stress élevés et à des pressions pour atteindre des objectifs ambitieux.
On peut y voir des similitudes avec le phénomène du karojisatsu au Japon. Ces suicides ont été associés à des conditions de travail difficiles, notamment des restructurations, des transferts forcés et des licenciements, ainsi qu’à une culture d’entreprise où les travailleurs étaient soumis à des niveaux de stress élevés et à des pressions pour atteindre des objectifs ambitieux.

Les enquêtes menées après les suicides ont révélé que certains employés de France Télécom avaient été confrontés à des harcèlements, des discriminations et des intimidations de la part de leurs supérieurs, et que les conditions de travail étaient devenues insupportables pour certains d’entre eux.

Cependant, il convient de noter que le contexte économique, culturel et social de la France est différent de celui du Japon, et que les raisons sous-jacentes aux suicides à France Télécom peuvent être spécifiques à cette entreprise et à sa culture organisationnelle.

Malgré ces différences, les suicides à France Télécom ont mis en évidence l’importance de la prévention des risques psychosociaux au travail, ainsi que la nécessité d’assurer un environnement de travail sain et sécurisé pour les travailleurs. Les entreprises et les gouvernements doivent prendre des mesures pour prévenir les pressions excessives, les harcèlements et les discriminations sur le lieu de travail, ainsi que pour soutenir les travailleurs en cas de difficultés liées au travail.

suicide sur le lieu de travail

Que devrait faire un employeur pour éviter les suicides sur le lieu de travail ?

Pour éviter les suicides sur le lieu de travail, les employeurs peuvent prendre plusieurs mesures préventives. Voici quelques exemples :

  • Créer un environnement de travail sain : Les employeurs peuvent promouvoir un environnement de travail sain en veillant à ce que les travailleurs disposent des ressources et des outils dont ils ont besoin pour effectuer leur travail de manière efficace. Cela peut inclure des formations en gestion du stress, des pauses régulières, des horaires de travail flexibles et une communication ouverte.
  • Identifier et gérer les facteurs de risque : Les employeurs doivent être conscients des facteurs de risque qui peuvent affecter la santé mentale de leurs travailleurs, tels que le stress, le harcèlement et la discrimination. Ils peuvent mettre en place des mesures pour prévenir ces risques, comme des politiques de tolérance zéro pour le harcèlement et la discrimination, des canaux de communication pour signaler les problèmes de santé mentale et des programmes d’assistance aux employés.
  • Adopter une attitude juste envers chaque membre du personnel. Le favoritisme et les traitements préférentiels entrainent des blessures d’injustice qui peuvent avoir des conséquences terribles pour la victime.
  • Offrir des ressources pour la santé mentale : Les employeurs peuvent offrir des ressources pour la santé mentale, comme des programmes d’aide aux employés, des séances de thérapie ou de coaching en santé mentale et des groupes de soutien pour les travailleurs en difficulté.
  • Encourager la communication : Les employeurs peuvent encourager la communication ouverte et honnête entre les travailleurs et la direction, afin de faciliter la résolution des problèmes et de renforcer la confiance des travailleurs envers l’organisation.

Le travail peut tuer, le Karoshi

Malheureusement, il n’y a pas que le karojisatsu. De mauvaises conditions de travail peuvent aussi tuer. C’est ce que les japonais appellent le Karoshi.

Le karoshi est un terme japonais qui signifie littéralement « mort par excès de travail ». Il s’agit d’un phénomène où les travailleurs japonais meurent soudainement d’épuisement, de maladie cardiaque, d’accidents vasculaires cérébraux, ou de suicides liés au stress et à la pression excessive au travail. Le karoshi est souvent associé à une culture du travail intense et à des horaires de travail très longs au Japon, où les travailleurs sont souvent poussés à travailler des heures supplémentaires non rémunérées pour démontrer leur loyauté envers leur entreprise.

Le karoshi a été reconnu comme une cause de décès officielle au Japon dans les années 1980, et depuis lors, des mesures ont été mises en place pour limiter les heures de travail et promouvoir un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Le phénomène du karoshi persiste toujours au Japon et reste un sujet de préoccupation pour les travailleurs et les autorités compétentes.

Conclusion

Il est important pour les employeurs de reconnaître l’impact potentiellement dévastateur des risques psychosociaux au travail et de prendre des mesures pour protéger la santé mentale de leurs travailleurs. En offrant un soutien adéquat et en promouvant un environnement de travail sain, les employeurs peuvent aider à prévenir les suicides sur le lieu de travail et à promouvoir un environnement de travail sain et équilibré pour tous.

L’effet de gel du côté harcelé et du côté harceleur au travail

2023-03-10T20:58:32+01:00Psychologie|

L’effet de gel est une théorie en psychologie qui peut expliquer une partie du comportement de la personne harcelée et de celui du ou des personnes auteurs des faits de harcèlement au travail. Explications !

Qu’est-ce que l’effet de gel en psychologie ?

effet de gel

L’effet de gel en psychologie est le phénomène selon lequel les individus ont tendance à s’engager de façon croissante dans un projet ou une situation en réponse à des investissements initiaux conséquents.

L’effet de gel se produit généralement parce que les personnes veulent justifier leurs décisions ou leurs investissements précédents en poursuivant l’engagement. L’attitude est la même indépendamment que l’engagement initial ait été une bonne ou mauvaise décision. Ce comportement entraîne un engagement persistant dans des actes ou des situations coûteuses, inutiles ou même défavorables. Cela entraîne une perte de temps, d’énergie et d’argent.

L’effet de gel peut-il servir d’outil d’analyse à une situation de harcèlement au travail ?

L’effet de gel peut aider à comprendre le salarié qui reste dans l’organisation malgré des actes dommageables pour sa santé, sa vie privée et ses finances et malgré qu’il soit pousser à la démission. Il explique aussi, au moins en partie, pourquoi les harceleurs poursuivent les faits constitutifs de harcèlement.

L’effet de gel et la personne harcelée

effet de gel demissionDans le contexte du harcèlement au travail, l’effet de gel peut expliquer pourquoi les victimes de harcèlement peuvent avoir du mal à quitter leur emploi malgré les conséquences négatives pour leur santé mentale et physique. En effet, les victimes peuvent se sentir obligées de justifier leurs choix précédents de rester au travail et peuvent donc poursuivre leur engagement dans leur emploi malgré le harcèlement, même si cela a des conséquences défavorables. Il est important de noter que l’effet de gel ne doit pas être utilisé pour excuser ou minimiser le harcèlement, mais plutôt pour comprendre les défis auxquels les victimes peuvent faire face lorsqu’elles cherchent à quitter une situation difficile.

Les harceleurs ou harceleuses et l’effet de gel ?

Les personnes qui harcèlent au travail peuvent également être sous l’emprise de l’effet de gel. Elles peuvent poursuivre leur comportement de harcèlement malgré les conséquences négatives pour elles et pour leurs victimes, car elles se sentent obligées de justifier leurs décisions ou leurs investissements précédents en continuant ce comportement. Cela peut être causé par des croyances ou des attitudes erronées, un désir de contrôle ou de pouvoir, ou d’autres facteurs psychologiques. Il faut aussi préciser que l’effet gel ne justifie pas non plus le comportement d’un harceleur. Prenez les dispositions qu’il faut lorsque vous êtes victime d’harcèlement.

Quelle est la différence entre l’effet de gel et l’escalade d’engagement ?

L’effet de gel et l’escalade d’engagement sont des phénomènes similaires mais distincts qui peuvent affecter les comportements d’une personne.

L’effet de gel décrit la tendance d’une personne à persister dans une situation, malgré des informations nouvelles ou des résultats décevants, en raison de l’investissement déjà effectué dans cette situation. La personne ne veut pas admettre qu’elle a commis une erreur et cela la conduit à poursuivre des comportements inappropriés.

L’escalade d’engagement se produit lorsqu’une personne continue à investir dans une situation malgré des informations négatives ou des résultats décevants. Elle diffère de l’effet de gel dans les raisons de la poursuite du comportement. Cette poursuite est ici motivée par un désir de sauver son propre ego, de ne pas admettre son erreur ou de ne pas perdre la face. L’escalade d’engagement peut entraîner une personne à augmenter son engagement dans une situation, même si cela peut être négatif pour elle.

Il existe aussi l’effet bystander qui à la différence de l’effet gel soumets la victime à un phénomène de double harcèlement; c’est à dire tant chez son bourreau initial que chez la personne à qui elle se confie.

 

Pourquoi le harcèlement ne s’arrête pas ? Explications basées sur la psychologie

2023-03-10T20:58:39+01:00Psychologie|

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles une personne peut continuer à harceler une autre au travail malgré les conséquences négatives aussi bien pour les harceleurs que la personne harcelée que pour l’organisation tout entière. Que ce soit par le patron ou/et par les collègues, le harcèlement en continue est dangereux. Il peut avoir de graves impacts sur la vie de la victime. Voyons comment expliquer la poursuite de comportements harcelants au travail au travers de concepts de psychologie.

Les théories qui peuvent expliquer la poursuite du harcèlement : escalade d’engagement, biais de confirmation, ancrage et entêtement cognitif

Les théories de la psychologie que sont l’escalade d’engagement, le biais de confirmation, l’ancrage et l’entêtement cognitif sont toutes des concepts importants des sciences qui étudient les comportements et donc potentiellement le harcèlement au travail. Elles qui concernent la façon dont les individus perçoivent et traitent l’information. Voici une brève description de chacune de ces théories:

  • Escalade d’engagement: L’escalade d’engagement est le processus par lequel une personne s’investit de plus en plus dans une situation ou une décision, malgré les signaux d’avertissement ou les indicateurs de doute ou de malaise.
  • Biais de confirmation: Le biais de confirmation est la tendance des individus à rechercher, interpréter, mémoriser et rappeler des informations qui confortent leurs croyances, opinions et hypothèses existantes, plutôt que celles qui les remettent en question.
  • Ancrage: L’ancrage est une stratégie cognitive consistant à s’appuyer sur une information donnée pour évaluer une question incertaine. Les personnes sont influencées par un point de référence initial, appelé ancre, qui peut orienter leur perception et leur estimation des valeurs ultérieures.
  • Entêtement cognitif ou syndrome de la tête de mule: L’entêtement cognitif est la tendance à rester attaché à ses croyances, opinions ou hypothèses, même lorsque les preuves contraires sont présentes.

Qu’est-ce que l’escalade d’engagement en psychologie

escalade d-engagementL’escalade d’engagement est un concept en psychologie qui se réfère à la tendance des individus à poursuivre un comportement malgré des conséquences négatives ou des signaux d’avertissement. Cela peut se produire lorsqu’une personne a investi du temps, de l’énergie ou de l’argent dans un projet ou une activité et qu’elle se sent obligée de continuer malgré des obstacles ou des résultats défavorables. L’escalade d’engagement peut mener à des décisions irrationnelles et peut également entraîner un gaspillage de ressources et un stress émotionnel accru.

L’escalade d’engagement peut-elle amener à poursuivre des actes constitutifs de harcèlement au travail ?

L’escalade d’engagement est un phénomène où une personne continue à investir temps, énergie et ressources dans une situation, même si elle sait que cela peut être négatif pour elle. Dans le contexte du harcèlement au travail, une personne peut continuer à harceler une autre personne, car elle se sent investie dans la situation et croit qu’elle doit poursuivre ses actions pour obtenir le résultat désiré.

Cela peut également être motivé par un désir de ne pas perdre la face ou de sauver son propre ego.

Qu’est-ce que le biais de confirmation ?

La théorie du biais de confirmation explique que les individus peuvent avoir du mal à reconnaître leurs erreurs. Ce phénomène se produit lorsque nous sommes plus enclins à rechercher, interpréter, mémoriser et rappeler des informations qui confortent nos croyances, opinions et hypothèses existantes, plutôt que celles qui les remettent en question. Ce biais peut rendre difficile la reconnaissance de nos erreurs, car nous sommes souvent trop investis dans nos opinions et croyances pour les remettre en question de manière objective.

Impact du biais de confirmation sur le harcèlement au travail

Le biais de confirmation peut amener à poursuivre des actes constitutifs de harcèlement au travail en conduisant une personne à ne pas reconnaître ou à minimiser les comportements inappropriés et à justifier leur propre comportement ou celui d’autres personnes. Cela peut également rendre une personne plus réceptive aux excuses ou aux justifications pour ce type de comportement. Ce qui peut les amener à tolérer ou à ignorer des comportements qui sont en réalité harcelants et qui peuvent à la longue débouchés sur des violences psychologiques. Il est important de travailler pour surmonter ce biais et de prendre en compte les perspectives et les expériences des autres pour prévenir le harcèlement au travail.

La perception erronée d’un individu peut-elle servir d’ancrage en cas de harcèlement au travail ?

Si une personne a une perception erronée de la situation ou de la conduite d’une autre personne, cela peut influencer sa propre conduite et ses actions. Par exemple, si une personne perçoit une autre personne comme hostile ou manipulatrice, elle peut réagir de manière défensive ou agressive à son tour. Cela peut entraîner une escalade de la situation et renforcer la perception erronée initiale. Dans ce cas, l’ancrage peut conduire à un cercle vicieux de comportements hostiles comme du harcèlement et à un environnement de travail toxique.

Qu’est-ce que l’entêtement cognitif ?

Le syndrome de la tête de mule ou entêtement cognitif décrit un comportement où une personne persiste dans ses opinions, croyances ou actions, même lorsque cela est contraire à l’évidence ou aux conseils des autres. Cela peut être motivé par un désir de paraître compétent, un sentiment d’investissement personnel dans une situation, une méfiance envers les opinions des autres, ou un désir de ne pas admettre son erreur.

L’entêtement cognitif se produit lorsqu’une personne persiste dans ses croyances ou opinions malgré des preuves solides qui les contredisent. L’entêtement cognitif peut être influencé par des facteurs tels que :

  • l’identification personnelle avec les opinions,
  • la réputation personnelle,
  • le désir de ne pas admettre son erreur,
  • la méfiance envers les opinions des autres,
  • l’aversion à l’incertitude.

Il peut avoir des conséquences négatives sur la prise de décision et la communication interpersonnelle.

L’entêtement cognitif peut-il amener un manager à prendre parti contre une personne victime de harcèlement au travail ?

Pourquoi le harcèlement ne s'arrête pasDans le contexte du harcèlement au travail, le syndrome de la tête de mule peut amener une personne à persister dans des comportements harcelants, même si elle est informée des conséquences négatives pour les autres ou pour elle-même.

Si le manager a des croyances qui sont en désaccord avec les accusations de harcèlement, il peut être tenté de faire preuve d’entêtement cognitif et de rejeter ces accusations, même si elles sont étayées par des preuves solides.

Cela peut également se produire si le manager a développé une relation étroite avec l’agresseur ou a des motivations personnelles ou professionnelles qui le poussent à défendre les actions de l’agresseur.

Il est important que les managers soient conscients de cet effet et se tiennent à l’écart de tout biais qui pourraient nuire à une enquête impartiale sur les accusations de harcèlement au travail. Les politiques et les procédures en matière de harcèlement doivent être mises en place pour garantir une enquête impartiale et équitable pour toutes les parties impliquées. La grille de Leymann peut également être d’une grande aide.

Conclusion

Ces théories montrent comment les croyances, opinions et hypothèses peuvent influencer la façon dont les individus perçoivent et traitent l’information. Elle démontre aussi comment ces influences peuvent entraîner des comportements persistants de harcèlement au travail par des harceleurs qui s’ignorent.

L’effet Bystander et la conformité sociale ont un impact sur les faits de harcèlement au travail

2023-03-10T20:58:53+01:00Psychologie|

Une personne harcelée ou victime de violence psychologique au travail se pose souvent des questions par rapport à ses collègues. En effet, elle s’attend à avoir de l’aide mais n’en reçoit que rarement parfois pas du tout. Plus catastrophique encore, certains collègues font pire que de rester passifs, il deviennent aussi des harceleurs ou harceleuses.  Et ainsi, le cycle de l’harcèlement poursuit son bonhomme de chemin sans s’arreter. Deux effets bien connus en psychologie expliquent ces attitudes : L’effet Bystander et la conformité sociale.

La conformité sociale ou effet de groupe

conformite socialeEn psychologie et en sociologie, l’effet de groupe est appelé conformité sociale.

Qu’est-ce que la conformité sociale ?

La conformité sociale est le phénomène par lequel les individus adoptent les :

  • comportements,
  • attitudes,
  • valeurs,
  • normes

d’une société donnée pour se conformer à la norme sociale et être accepté par leur groupe social. La conformité sociale peut être influencée par divers facteurs tels que la peur du rejet, le désir d’être apprécié, le besoin de faire partie d’un groupe, etc.

La conformité sociale peut-elle inciter des personnes à commettre des faits de harcèlement au travail ?

La conformité sociale peut inciter des personnes à commettre des faits de harcèlement au travail. La pression exercée par le groupe peut amener certaines personnes à adopter des comportements qui vont à l’encontre de leurs convictions personnelles, y compris des comportements de harcèlement envers d’autres personnes au travail.

Un employeur devrait sensibiliser les gens aux conséquences néfastes de la conformité sociale dans ce type de situations et de promouvoir un environnement de travail respectueux pour tous les travailleurs.

Comment fonctionne la conformité sociale dans une situation de harcèlement au travail ?

La Triade sombre ou Triade noire un profil de harceleur ou harceleuse

2023-03-10T20:59:06+01:00Psychologie|

Peut-être vous est-il arriver d’être confronté dans votre travail à une personne qui fait passer ses objectifs personnels avant le bien-être des autres et qui parfois même joue le rôle d’harceleur. Une fois qu’elles ont pris une décision, elles la mettent en œuvre sans se soucier des conséquences. Elles y parviennent souvent avec une facilité déconcertante par rapport à d’autres personnes, non seulement parce qu’elles le font intelligemment, mais aussi parce que personne ne les arrête. Le manque de décence d’un petit nombre de personnes conduit à la réussite précisément parce que tous les autres sont trop décents. Ces personnes ont probablement une personnalité qui correspond à la triade sombre ou triade noire.

Qu’est la Triade sombre ou Triade noire ?

triade sombreLa Triade sombre ou Triade noire est un modèle de personnalité qui inclut les traits de personnalité :

  • de psychopathe,
  • de machiavélique,
  • de narcissique.

Les personnes ayant ces traits de personnalité sont souvent décrits comme manipulatrices, égocentriques, sans empathie et prêtes à tout pour atteindre leurs objectifs sans considération pour les conséquences pour les autres.

On parle aussi de psychologie noire 3t ou psychologie sombre 3T quand il est question de la triade sombre.

La psychopathie

C’est la plus sombre des trois facettes. Celui qui atteint ici des scores élevés est froid, impulsif et n’a pas peur. Cela rend le psychopathe particulièrement enclin à prendre des risques. Il ne craint pas les conséquences et le remords lui est étranger.

Le machiavélisme

Un haut degré de machiavélisme est avant tout un manipulateur, qui s’impose et qui n’a aucune compassion pour les autres. Parce que pour lui, la fin justifie les moyens, le machiavélique établit ses propres règles et, si nécessaire, dépasse les limites morales et légales.

Le narcissisme

Le narcissisme se caractérise par une forte exigence et une surestimation de soi. Les personnes qui ont un score élevé sont avides d’admiration et sensibles aux critiques, car elles remettent en question leur propre valeur.

Origine de la théorie de la triade sombre ?

La théorie de la Triade sombre ou Triade noire a été développée par les psychologues canadiens Delroy Paulhus et Kevin Williams de l’Université de Colombie-Britannique à Vancouver. Ils ont travaillé sur la psychopathie et ont découvert que certains individus présentaient des traits de personnalité associés à la psychopathie, ainsi qu’à d’autres troubles de la personnalité, tels que le narcissisme et le machiavélisme. Ils ont alors proposé le modèle de la Triade sombre pour décrire ces traits de personnalité de manière plus complète. La Triade sombre n’est cependant pas considérée comme un diagnostic clinique reconnu et doit être utilisée avec prudence en dehors d’un cadre de recherche rigoureux.

Souffre-t-on de la triade sombre ?

Paulhus et Williams soulignent que ces trois caractéristiques (de psychopathe, de machiavélique, de narcissique) sont présentes dans chaque individu à un certain degré, mais qu’elles sont généralement peu développées. Même ceux qui atteignent des niveaux extrêmes ne sont généralement pas encore remarquables au sens clinique du terme. Les personnes présentant des niveaux élevés de narcissisme, de machiavélisme et de psychopathie ne souffrent donc pas.

Au contraire, la triade obscure peut même favoriser grandement la progression dans la vie.

Impact sur le travail et les relations de travail

Des études montrent que les psychopathes en particulier utilisent volontiers le harcèlement moral comme stratégie au travail. Les narcissiques et les machiavéliques trichent plus souvent au travail en plagiant, en volant ou en commettant d’autres petites et grandes fraudes.

Une grande méta-analyse prenant en compte toutes les publications sur les sous-aspects : narcissisme, machiavélisme et psychopathie, de la triade sombre entre 1951 et 2011 montre que les personnes présentant de tels traits aiment non seulement utiliser la tromperie mais, dans le cas du machiavélisme et de la psychopathie, ont également des performances mesurables inférieures aux autres.

Les personnes de la triade noire s’en sortent donc très bien avec leur stratégie : elles font très peu et obtiennent beaucoup en retour au détriment des autres.

Les personnalités de type triade noire ne se révèlent pas immédiatement

Si vous saviez dès le départ à quoi vous attendre avec une personne de la triade sombre, vous voudriez vous en tenir éloigné. Lorsque le charme superficiel s’estompe, on ressent de plus en plus l’agressivité et l’égocentrisme de ces personnes. En général, plus on les connaît, moins on les aime.

Mais avant d’en arriver là, les personnes de la triade obscure ont souvent déjà fait beaucoup de mal. Elles ont le don de manipuler les autres, de telle sorte que pendant longtemps, on ne s’en rend pas compte.

Comme elles s’y prennent habilement, ces personnes parviennent à contourner tous les obstacles. Souvent, elles ne laissent pas de traces car elles peuvent aussi agir dans l’ombre et passer inaperçues.

Explications de la triade sombre en vidéo

Quel est le profil d’un harceleur au travail ?

2023-03-10T21:00:20+01:00Psychologie|

Existe-t-il un profil de harceleur ? Quand on analyse plusieurs situations de harcèlement moral au travail, on voit que les harceleurs peuvent avoir des profils très divers.

Parfois les circonstances peuvent amener une personne à adopter des comportements de harcèlement. Il est donc difficile voire impossible de donner un profil. Dans la suite de cet article, nous allons expliquer ce qui rend plus probable chez une personne d’avoir le profil d’une harceleur au travail.

Le profil socio-démographique du harceleur

Sur base du profil socio-démographique d’une personne, il est impossible d’estimer ses prédispositions à devenir un harceleur. Les harceleurs peuvent venir de tous les milieux socio-démographiques et professionnels.

Le genre, les harceleurs sont-ils plus souvent des hommes ?

En matière de harcèlement moral au travail, les harceleurs sont des personnes toxiques. Ils peuvent être des hommes ou des femmes, le patron ou les collègues, contrairement aux idées pré-conçues il est difficile voire impossible d’affirmer de façon étayée que les hommes harcèlent plus que les femmes. L’auteur de cet article sur le site cairn.info déclare :

« J’ai eu l’occasion de sélectionner du seul point de vue de l’intérêt juridique et sans penser à mal douze cas. Je constate que en dehors d’un cas collectif, les onze autre cas se répartissent entre six hommes et cinq femmes.

Peut-on en tirer statistiquement un quelconque enseignement ? Certainement pas.« 

Le genre joue, par contre, un rôle en ce qui concerne les victimes de harcèlement.

Le niveau d’éducation ne permet pas de définir un profil de harceleur

On ne constate pas de corrélation entre le niveau socio-économique ou d’éducation d’une personne et sa capacité à harceler. Les harceleurs peuvent être des employés, des managers ou des dirigeants d’entreprise voire un simple collègue.

Ne pas généraliser un profil de harceleur sur base de critères socio-démographiques

Il est important de ne pas généraliser et de ne pas stigmatiser une personne en se basant sur des préjugés et des suppositions.

Les traits de caractère ou de personnalité d’une personne harceleuse

profil-harceleur-travailPour savoir si une personne est une harceleuse en puissance, il faut plutôt s’attarder à ses caractéristiques individuelles. En effet, certains traits de caractère et comportements peuvent être plus fréquents chez les harceleurs. Plusieurs facteurs peuvent entrer en compte pour expliquer le harcèlement au travail. Il faut prendre en considération l’ensemble de ces facteurs pour comprendre l’origine du comportement d’un harceleur.

Le besoin de contrôler et de dominer les autres

Les personnes ayant ce profil ont tendance à avoir une personnalité qui corresponds à la triade sombre. Ils peuvent être extrêmement exigeantes et critiques envers les autres, et ont souvent des comportements autoritaires et agressifs.

Le principe de Peter et l’incompétence

Une personne qui se sent incompétente dans son travail peut être encline à harceler les autres non stop sans arrêt juste pour cacher son incompétence. Certaines personnes peuvent utiliser le harcèlement comme moyen de dissimuler leur complexe d’infériorité.

Une personne qui se sent incompétente dans son travail peut se sentir menacée par les compétences et les réalisations de ses collègues. Elle risque alors de les harceler pour essayer de les diminuer ou de les faire paraître incompétents.

Une personne qui se sent incompétente dans son travail peut aussi se sentir menacée par les suggestions ou les idées des autres. Les harceleurs peuvent être sur la défensive et réagir violemment aux remarques ou aux suggestions des autres.

Toutes les personnes qui se sentent incompétentes dans leur travail ne sont heureusement pas des harceleurs en puissance.

La jalousie peut-elle être une motivation pour harceler au travail ?

La réponse est oui. La jalousie peut être une motivation pour harceler au travail. La jalousie peut amener certaines personnes à agir de manière hostile ou agressive envers les personnes qu’elles perçoivent comme des rivaux ou des menaces pour leur statut ou leur position au sein de l’entreprise.

Ce ressenti dans le chef de la personne harceleuse peut prendre la forme :

  • de harcèlement verbal ou physique,
  • d’intimidation,
  • de discrimination.

L’impulsivité

Les harceleurs sont parfois simplement des personnes qui ont des difficultés à gérer leurs émotions. Ils peuvent être impulsifs, colériques et peu enclins à faire preuve d’empathie.

L’effet de groupe peut-il amener une personne à devenir un harceleur

Là encore, l’effet de groupe doit être considéré comme un élément déclencheur ou amplificateur de fait de harcèlement commis par certaines personnes. L’effet de groupe peut amener une personne à devenir un harceleur.

On parle d’effet de groupe quand des personnes se sentent plus à l’aise pour agir de manière agressive ou inappropriée quand elles appartiennent à un groupe plutôt que seules. Les individus peuvent se sentir encouragés ou incités à harceler une personne en raison de la présence voire de l’appui d’autres personnes surtout s’il s’agit de leur hiérarchie. Les individus se sentent protégés par le groupe et croient qu’ils ne seront pas tenus responsables de leurs actions.

L’inimitié envers quelqu’un

Il suffit parfois simplement que vous « ne reveniez pas » à une personne pour que celle-ci vous harcèle. La simple détestation d’une personne peut amener à la harceler au travail. La haine d’une personne peut conduire à des comportements hostiles ou violents envers elle, y compris le harcèlement.

Conclusion

Il est important de noter que le harcèlement n’est pas nécessairement motivé par des émotions négatives comme la haine ou la jalousie, mais cela peut être un facteur qui contribue à ces comportements.

En général, le harcèlement moral au travail systémique ou mobbing nécessite, pour s’installer, que différentes personnes avec différents profils de harceleur y prennent part.

Comment un harceleur communique-t-il avec ses victimes ?

2023-03-10T21:02:56+01:00Psychologie|

Quand vous êtes harcelé, vous êtes une cible désignée. La communication du harceleur est étudiée. Voici quelques exemples

Le harceleur ne veut communiquer qu’oralement

Le harceleur quand il communique veut éviter toute trace des ses exactions. Il privilégie donc la communication orale. Tout échange par écrit finira donc par une phrase du style :

Je relis vos derniers mails, et vous me semblez en difficulté vis-à-vis de certains xxxx, de certains collègues et de moi-même. Voulez-vous que nous nous rencontrions ?

Nous avons échangé de nombreux mails et je pense que nous avons épuisé les possibilités offertes par ce mode de fonctionnement. Pour pouvoir avancer de manière constructive, je vous propose une nouvelle fois de nous rencontrer.

Si vous êtes harcelé, vous devez bien réfléchir avant d’accepter ce genre de proposition. Mais le mieux est de s’y rendre parce que soyez sûr que si vous refusez cela vous sera reproché ultérieurement de ne pas avoir voulu dialoguer.

Le harceleur reste vague dans ses propos

Autre caractéristique de la communication du harceleur, c’est de rester vague. Il va vous rendre responsable de votre propre souffrance :

« je pense que vous vous trompez sur une série de points et que cela vous fait un tort inutile.

En résumé, il va profiter de votre détresse pour vous amener à vous affaiblir davantage. En effet, chaque personne harcelée se demande pourquoi elle l’est. La question de sa propre responsabilité vient à son esprit à un moment ou un autre. Cela fait partie de la panoplie d’outils du harceleur. Plus il parviendra à vous faire douter de vous, plus vous vous enfoncerez.

A cette phrase, la personne harcelée à répondu :

Je suis donc tout ouï pour avoir votre avis sur les points dans lequel je serais dans l’erreur.

Ce qui nous amène au type de communication suivant …

Le harceleur ne répond pas à certaines questions ou demandes

A cette demande bien légitime puisque comme le dit l’adage : « Vous en avez dit trop ou pas assez », le harceleur n’apportera pas de réponse. En agissant comme cela il laisse la personne dans l’expectative et l’insécurité… avec une question lancinante:

En quoi pourrais-je me tromper ?

Autre exemple, vous avez besoin de matériel pour faire votre travail correctement. Une procédure existe pour demander du matériel. Celle procédure implique que votre direction marque son accord. Vous envoyez le document, la direction vous propose une alternative qui ne vous est d’aucune aide. Quand vous lui signalez que ce n’est pas ce dont vous avez besoin, plus de réponse.

Troisième exemple : vous avez une demande justifiée par la médecine du travail à cause d’un problème de santé. La demande ne sera pas prise en compte par votre harceleur. Au contraire, vous découvrirez que des actions sont mises en place allant à l’opposé de ce que la demande incluait.

Faire tourner les reproches en boucle

Quand à force de demandes dans vos communications avec le harceleur, vous aurez pu obtenir que l’on vous fasse un reproche basé sur du concret. Vous allez légitimement essayer de vous en défendre.
Dans presque tous les cas, le harceleur va immédiatement dévier sur un autre reproche.. vous vous défendrez à nouveau, et puis viendra un encore un autre, etc … et vous remarquerez qu’il reviendra au premier .. parce qu’il se moque de ce que vous aurez avancé pour vous en défendre.

Le but est de vous faire perdre du temps et de l’énergie à vous disculper.

Le harceleur utilise d’autres personnes pour vous nuire

Quoi de mieux pour un harceleur que de se manipuler des personnes avec qui vous êtes en contact sur votre lieu de travail pour vous nuire.

  • Si vous êtes enseignant, cela peut être des étudiants, des parents d’élèves, un inspecteur, …
  • Si vous travaillez en entreprise, cela peut être des clients, des fournisseurs, …
  • Si vous êtes fonctionnaire, cela peut être le public, le cabinet politique dont vous dépendez, …
  • Dans toutes les situations, cela peut aussi être des collègues qui seront heureux de bien de faire voir de la direction en vous nuisant. Au passage il est probable qu’ils en tireront quelques avantages personnels.

Le harceleur ne fait pas respecter les textes ou règlement

communication-harceleurDans toute organisation sociale, il y a des règles afin que la co-existence se passe bien. Un des principes fondateurs d’une démocratie est l’égalité face à la loi. Et bien, si vous êtes harcelé, vous pouvez être sur que :

  • d’une part vous aurez droit à des remarques ou des réprimandes parce que vous n’aurez pas respecté telle ou telle façon de faire alors que dans certains cas ce n’est même pas une règle;
  • d’autre part, quand vous êtes victime de comportements déplacés, vos responsables n’y verront rien d’anormal et vous laisserons exposé.

Voici quelques exemples de communication venant d’une harceleuse :

1-. Vous vous faites insulter ou diffamer en commentaires sur un site Internet lié à votre travail. Commentaire de votre hiérarchie :

On peut facilement imaginer qu’une capture d’écran apportée par un tiers ne va pas suffire à la police pour déclencher une action.

L’adresse IP permet d’identifier le responsable. Mais seule la police peut demander au fournisseur d’accès à Internet de savoir de qui provient le message insultant.

2-. Une collègue agit de façon totalement non déontologique au détriment d’un tiers (que nous appellerons victime ci-dessous). On essaie de faire comprendre à ce tiers que sa situation a été causée par votre incompétence.

Voici les réponses données à une demande d’action :

Je ne vois pas à quoi vous voudriez que je vous réponde.

…pas une seule fois vous ne lui dites de venir me trouver ou d’essayer de prendre contact avec vos collègues concernés pour tirer au clair ce qui s’est joué entre eux, en coupant court à ses plaintes.

Je vous ai proposé de me rencontrer, …; mais en fait, vous m’envoyez encore des mails qui rapportent des conflits qui ont l’air de se régler par xxxxx interposés, ce qui me semble extrêmement malsain.

Vous remarquerez que l’on est ici en présence cumulée des différents artifices utilisés :

Vous faire des reproches non justifié. Voilà ce que la personne visée avait répondu quand elle a été informée de la situation :

Je suis en voiture, je te réponds plus tard.

Il est évident que cela coupe court à la conversation.

Voilà le message qui est venu immédiatement après celui-là :

je vais faire le suivi de ce que tu m’a expliqué auprès des responsables

Quoi de plus logique que d’en avertir sa hiérarchie quand on est face à un dysfonctionnement. Malgré cette façon d’agir tout à fait responsable, il est fait le reproche à la personne harcelée qu’elle aurait dû dire directement à la victime de prendre contact.

Soyez sur qu’alors il aurait été reproché de ne pas avoir servi d’intermédiaire ou que si la prise de contact avait été directe sans que la personne harcelée  n’ait été informée, la manipulation se serait poursuivie afin de rendre la personne harcelée responsable de la situation de la victime.

Conclusion

Le but est de vous faire douter de vous, de vous faire culpabiliser et de ne vous laisser entrevoir aucune issue.

Il est aussi essentiel pour la personne harceleuse de trouver des supports volontaires ou involontaires pour ses basses besognes.

Essayez de reconnaître ces formes de communication constitutives de harcèlement et essayez de vous en protéger.

Comment se remotiver après avoir été harcelé ? Est-ce possible ?

2023-03-10T21:02:40+01:00Psychologie|

Pour différentes raisons, il peut arriver que les faits de harcèlement dont vous avez été victime cessent. C’est une délivrance de pouvoir retrouver une vie normale. Toutefois se pose la question de comment se reconstruire et revoir son travail sous un jour favorable pour retrouver la motivation.

La situation post-harcèlement

Chaque cas de harcèlement moral au travail est différent mais nous allons essayer de voir les situations sous un angle général.

1-. Vos harceleurs ont arrêté leurs actes

depression-harcelementDe toutes les situations de harcèlement dont j’ai pu avoir connaissance, un harceleur ne s’arrête jamais. Pourquoi, tout simplement parce que soit il n’a même pas conscience de ce qu’il fait soit parce qu’il en ressent le besoin, c’est plus fort que lui.

Si vous êtes toujours en présence de vos harceleurs et qu’ils ont cessé, ce n’est malheureusement souvent que temporaire, le temps qu’ils se fassent oublier. Dans ce cas, le mieux est toujours de chercher un autre job pour ceux qui en ont la possibilité. Sinon, il faut malheureusement rester sur le qui-vive avec les implications sur la fatigue nerveuse que cela engendre.

2-. Vos harceleurs ont été éloignés de vous

Dans ce cas, il faut analyser la situation, l’éloignement est-il temporaire ou définitif ? Sauront-ils vous nuire à distance ?Le harcèlement peut-il reprendre via d’autres personnes ?

Très souvent, c’est le milieu de travail qui est toxique. Le fait d’éloigner une personne vous ayant harcelé ne fera que déplacé le problème. Ses complices ou ses défenseurs reprendront le flambeau. Après un espoir d’amélioration, vous tomberez de haut.

3-. Vos harceleurs ont été sanctionnés

C’est la situation qui devrait être la norme mais qui survient le moins souvent. La raison est que l’employeur préfère fermé les yeux ou que les services devant aider les personnes harcelées, comme les SEPPT en Belgique, sont complices passives (voire actives) du harcèlement.

Repartir du bon pied parce que vos harceleurs ont été sanctionnés

Sans la sanction et la reconnaissance à votre égard de la situation de harcèlement, peu d’amélioration durable de la situation est envisageable. Il est conseillé de survivre tant bien que mal. Se protéger en dénonçant systématiquement à qui de droit des faits ou des actes irréguliers, s’absenter du travail si vous sentez que vous approchez de vos limites.

Si la situation s’est assainie, il y a diverses façons de raviver la flamme, trouver celle à laquelle vous répondez est le défi à relever. Ce ne sera pas nécessairement facile, mais c’est certainement réalisable. Voici quelques moyens de retrouver la motivation perdue :

Retrouver la motivation grâce à des projets avec vos collègues

Être démotivé ne signifie pas que vous êtes faible. Il est important de rester ancré dans la réalité, ce qui est difficile à faire lorsque vous ne pouvez pas voir une perspective extérieure.

Les conversations entre personne sont idéales. L’objectif de l’interaction entre pairs est de se focaliser sur du positif qui soit concret.

S’inspirer de quelque chose de nouveau

Essayez de retrouver une partie du plaisir que vous aviez en vous investissant dans de nouveaux concepts ou de nouvelles perspectives.

En fonction de la flexibilité de votre lieu de travail, demandez à vos supérieurs si vous pouvez passer à un autre projet. Si vous pouvez vous permettre de prendre ce risque, il peut même être intéressant de passer à un autre domaine.

Vous pouvez également vous lancer dans des projets de loisir qui impliquent des domaines que vous n’avez jamais explorés. Vous seriez surpris de voir combien ces projets personnels peuvent vous inspirer. Assurez-vous simplement de choisir quelque chose qui éveille votre intérêt.

Prendre soin de sa santé

arret-harcelementSouvent le harcèlement moral engendre des problèmes de santé. Il peut s’agir de problèmes de santé physique ou de problèmes de santé mentale, comme le trouble anxieux. L’amélioration de l’état de santé peut contribuer grandement au rétablissement de la motivation.

  • N’hésitez pas à vous faire accompagner.
  • Profitez aussi de vos proches.
  • Ressourcez-vous en vous rapprochant de la nature : par exemple il est prouvé que des balades en forêt ont un impact positif sur votre santé.
  • Faites de l’exercice régulièrement.
  • Adoptez de bonnes habitudes de sommeil.
  • La monotonie peut entraîner l’ennui et augmenter le niveau de stress.
  • Vous pouvez y remédier en changeant de décor, que ce soit en réorganisant vos meubles, en travaillant dans un nouvel endroit ou en changeant le papier peint de votre ordinateur.

De façon générale, gardez votre énergie forte en séparant le travail de votre vie personnelle. Les formes de divertissement positives sont encouragées, trouvez ce qui vous convient.

Faites un break pour vous éloigner et vous changer les idées

Parfois, la meilleure façon de se remotiver est d’arrêter momentanément son activité ! Cet arrêt peut vous permettre de prendre du recul et de réfléchir sereinement à votre situation.

Si vous prenez des congés, vous aurez plus de chances de garder l’esprit frais et d’éviter de perdre votre motivation.

Conclusion

Tant que vous n’êtes pas reconnue.e dans votre statut de victime, il y a peu de chance de pouvoir surmonter la démotivation en restant dans le même environnement. Si vous avez la chance de l’avoir été, essayez de suivre ces quelques idées pour vous reconstruire.

 

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